Les troubles de l'alimentation

Il est étonnant de voir avec quelle rapidité l’organisme réagit à de bonnes règles hygiéno-diététiques ; les valeurs de la glycémie ou des triglycérides dans le sang peuvent ainsi varier en quelques heures. Les modifications du taux de cholestérol s’étalent un peu plus dans le temps, mais, au bout de six mois, il est possible d’évaluer l’efficacité d’un régime.

Allergie aux protéines du lait de vache

​Fréquente chez l’enfant et rare chez l’adulte, l’allergie aux protéines du lait de vache se révèle soit dès le début de la vie, soit au cours de l’enfance par des troubles digestifs, avec eczéma ou urticaire, asthme ou irritations de la sphère ORL. Elle disparaît à 80 % vers trois ans, parfois six ans.

Les règles hygiéno-diététiques associent :

– Un diagnostic préalable précis de l’allergie.
– L’exclusion de tous les produits laitiers issus de la vache.
– L’éviction éventuelle du soja (en cas d’allergie croisée).

Anémie

​L’anémie se caractérise par une diminution du nombre des globules rouges dans le sang ou par une baisse du taux d’hémoglobine. Elle est responsable d’une fatigue ou d’une fatigabilité à l’effort, avec vertiges et maux de tête, ou d’une plus grande vulnérabilité aux infections. L’anémie n’est pas une maladie, mais elle révèle des troubles qu’il convient de diagnostiquer (des saignements par exemple).

Les règles hygiéno-diététiques associent :

– La consommation d’aliments riches en fer comme les coquillages, la viande rouge, le foie, les lentilles.
– La prise simultanée d’aliments riches en vitamine B9 (ou acide folique), présente surtout dans les légumes verts très colorés, le jaune d’œuf, le foie et la viande, qui permettent, tout comme les aliments riches en vitamine C, d’absorber le fer.
– Une limitation de la consommation de thé.

Ballonnements digestifs

​Les ballonnements résultent souvent de l’habitude d’avaler les aliments sans mastication suffisante. Ils peuvent aussi être dus à un côlon irritable (ou colite spasmodique) très réactif et produisant facilement des épisodes colitiques douloureux avec diarrhée ou constipation.

Les règles hygiéno-diététiques associent :

– Une modification du comportement alimentaire de base : tout aliment doit être consommé dans le calme et mastiqué suffisamment.
– Selon les cas, la suppression des repas trop chauds ou au contraire glacés, trop gras ou trop sucrés, des aliments riches en soufre (chou, navet, oignon, etc.) et en lignine (fibre présente dans les parties dures des végétaux), de l’association café-lait ou thé-lait et tout aliment difficile à digérer.
– La pratique d’une activité physique ou d’une technique de relaxation, d’une psychothérapie ou de toute méthode qui aide à retrouver un équilibre intérieur.

Cancer

La survenue d’un cancer et sa prévention dans les familles prédisposées imposent de modifier complètement ses habitudes alimentaires. La cuisine doit être aussi digeste que possible, de manière à ne pas surcharger le foie malmené par la maladie et les chimiothérapies. La consultation d’un professionnel est bien sûr indispensable.

Les règles hygiéno-diététiques associent :

– Une limitation des produits animaux riches en graisses saturées (viandes grasses, fromages, etc.) et de l’alcool.
– Une augmentation des apports en vitamines antioxydantes (A, C et E) et en acides gras essentiels.
– Une alimentation semi-végétarienne avec l’introduction des protéines végétales des légumes secs.

Cholestérol (augmentation du cholésterol dans le sang)

​Le cholestérol est une graisse normalement présente dans les aliments et dans le sang. Mais son excès est dû soit à une production anormale par le foie, soit à des apports alimentaires excessifs. À long terme, l’augmentation du cholestérol, surtout le LDL cholestérol, dit encore « mauvais » cholestérol, peut être à l’origine de maladies cardio-vasculaires en se déposant contre les parois des vaisseaux du cœur, des jambes ou du cerveau. Un bilan sanguin précis est indispensable.

Les règles hygiéno-diététiques associent :

– Une réduction de la consommation d’aliments riches en cholestérol et en graisses saturées (fromage, beurre, viande grasse, charcuterie).
– Une augmentation de la consommation d’aliments qui participent à la réduction du mauvais cholestérol et aident à augmenter le HDL cholestérol (« bon » cholestérol), qui épure les artères des dépôts. Les aliments qui augmentent le taux de HDL cholestérol sont surtout les huiles riches en acides gras mono-insaturés et poly-insaturés.
– La consommation de poisson gras ou semi-gras (thon, maquereau, saumon, hareng, sardine, rouget) au moins deux fois par semaine,
– La perte de poids, si celui-ci est excessif, et la pratique d’une activité physique.

Constipation

​La constipation se définit par un ralentissement du transit intestinal et une difficulté à évacuer les selles ; on considère qu’il y a constipation dès lors qu’il y a émission de selles moins de trois fois par semaine ou des selles plus rapprochées, mais de petit volume et de petit poids. Très fréquente, la constipation est liée à des facteurs physiologiques et psychologiques qui sont souvent une alimentation pauvre en fibres et en eau, le stress, les contrariétés (on parle alors de « constipassion »), la sédentarité, etc.

Les règles hygiéno-diététiques associent :

– Une bonne hydratation avec un apport en eau d’au moins un litre et demi dans la journée. On conseille d’éviter le thé ou le café, mais on peut boire des eaux riches en magnésium qui facilitent le transit ; celles-ci doivent toutefois être supprimées en cas de troubles digestifs, car elles peuvent à la longue induire des ballonnements. On déconseille les eaux gazeuses pour les mêmes raisons.
– Une alimentation riche en fibres pour augmenter le volume des selles et leur poids. Attention toutefois à ne pas abuser des crudités, dont l’excès peut occasionner des ballonnements avec douleurs.
– L’apprentissage d’une meilleure respiration : le va-et-vient du diaphragme permet un massage des intestins et un relâchement des tensions liées au stress.
– La rééducation du réflexe d’exonération en allant à la selle tous les jours à la même heure ; ce réflexe pourra être stimulé par l’absorption d’un verre d’eau le matin à jeun ou de pain complet ou d’un jus de fruit.

Convalescence et maigreur

​Les périodes de convalescence, après une maladie ou une opération, sont souvent caractérisées par une impression de fatigue. Un amaigrissement, dû à des apports alimentaires insuffisants, se traduit aussi par des signes de fatigue accentués, voire par une dépression et souvent par une diminution du tonus et une limitation des activités de la vie quotidienne.

Les règles hygiéno-diététiques associent :

– Le respect strict d’une bonne répartition des apports énergétiques tout au long de la journée.
– Un bilan pour détecter d’éventuelles carences en vitamines et en minéraux.
– Une alimentation riche mais digeste qui apporte en bonne quantité nutriments, vitamines, minéraux et oligoéléments.

Diabète

Le diabète se traduit par un excès de glucose dans le sang; ce taux, appelé glycémie, ne doit en principe pas excéder 1,26 g par litre de sang. On distingue le diabète gras (ou diabète de la maturité), qui est provoqué par des excès alimentaires, et le diabète insulinodépendant, qui est dû à une insuffisance de production par le pancréas de l’insuline, qui active l’utilisation du glucose sanguin par l’organisme.
Le diabète peut être responsable de troubles cardiaques avec infarctus, de troubles oculaires avec risque de cécité, de troubles rénaux pouvant à terme nécessiter une dialyse, et de troubles circulatoires et cutanés (notamment au niveau des pieds). Dans tous les cas, l’observation d’un régime est indispensable.

Les règles hygiéno-diététiques associent :

– Une alimentation équilibrée avec un apport suffisant à chaque repas de glucides d’absorption lente pour maintenir une glycémie stable dans le sang.
– Le choix d’aliments qui permettent de prévenir les troubles vasculaires (huiles riches en acides mono-insaturés et poly-insaturés et des aliments riches en antioxydants).
– La limitation drastique des produits et boissons sucrés et des boissons alcoolisées.

Gluten (intolérance au gluten)

​La maladie cœliaque, ou intolérance au gluten, est liée à une réaction allergique du système immunitaire contre la gliadine présente dans le gluten des céréales suivantes : son, blé, orge, seigle, malt. Le riz, le maïs et le sarrasin n’en contiennent pas. C’est une maladie rare qui entraîne une fatigue importante, avec des troubles digestifs, une anémie et une perte de poids.

Les règles hygiéno-diététiques associent :

– La suppression totale des aliments contenant du gluten, même à petite dose.
– La réintroduction, sous contrôle médical, d’aliments contenant du gluten, après deux à trois ans de régime strict.

Goitre (hyperthrophie de la glande thyroïdienne)

L’accentuation du volume de la glande thyroïdienne et l’aggravation d’un goitre peuvent être provoquées par certains aliments.

​Les règles hygiéno-diététiques associent :

– Une consommation très modérée des aliments de la famille des crucifères (chou, chou-fleur, brocoli, navet, radis) et du soja.
– Un apport plus important d’aliments riches en iode (sel iodé, fruits de mer et poissons).

Maladies cardio-vasculaires

​Les maladies cardio-vasculaires sont dues au développement de dépôts de cholestérol, qui entraîne des modifications de l’élasticité des parois des artères ; celles-ci deviennent dures, ce qui provoque l’hypertension artérielle. Un manque d’oxygénation aux conséquences graves peut ainsi survenir soit au niveau du cœur (infarctus), soit au niveau des membres (artérite), soit encore au niveau du cerveau (hémiplégie).
Les maladies cardio-vasculaires sont la première cause de mortalité dans les pays industrialisés, où l’alimentation est déséquilibrée et trop calorique. Or, on estime que le suivi d’une bonne diététique permettrait d’éviter 60 % de ces maladies et aussi de prévenir dans les mêmes proportions leur récidive après un premier accident.

Les règles hygiéno-diététiques associent :

– Un apport d’acides gras mono-insaturés contenus surtout dans les huiles de colza ou d’olive, les fruits oléagineux (noix, noisettes, amandes), l’avocat, les volailles, la viande de porc et la graisse d’oie.
– La consommation des acides gras poly-insaturés de la série oméga-3 et oméga-6 que l’on trouve dans les poissons gras et semi-gras (thon, maquereau, saumon, hareng, sardine, etc.) et dans les huiles de tournesol, de maïs, de pépins de raisin, de noix ou de soja.
– Un apport en aliments riches en antioxydants pour lutter contre les processus d’oxydation responsables de la formation des plaques d’athérome (dépôt de cholestérol sur les parois des vaisseaux artériels). Un régime riche en vitamines A, C, et E et en acides gras essentiels est donc préconisé. Les polyphénols du vin rouge et les flavonoïdes présents notamment dans le raisin, les myrtilles, les cerises sont aussi des aliments protecteurs.
– Une consommation suffisante de fibres apportées par les fruits, certains légumes et les produits céréaliers complets.
– La limitation de la consommation d’alcool, de tabac, de café et de thé.

Obésité et surcharge pondérale

​L’obésité et la surcharge pondérale se définissent par rapport à l’indice de masse corporelle et sont liées à un excès de masse grasse le plus souvent en rapport avec des apports alimentaires déséquilibrés. Certains épisodes de la vie, des troubles du comportement alimentaire liés à des perturbations psychologiques, des maladies hormonales, voire des traitements médicaux, peuvent être aussi à l’origine de la prise de poids.

Les règles hygiéno-diététiques associent :

– Des modifications profondes des choix alimentaires pour développer une alimentation plus variée et équilibrée qui apporte des légumes, des fruits, des viandes, des poissons et des produits laitiers maigres.
– L’apprentissage de la composition des aliments et de l’élaboration des repas : un régime est réussi quand on apprend à faire de la cuisine pour soi et pour les autres sans se sentir frustré.
– La pratique d’une activité physique régulière en apprenant à bouger son corps dans la vie quotidienne de façon détendue (monter et descendre les escaliers par exemple).
– L’acquisition d’une image positive de soi-même et d’une réconciliation avec son corps. La relaxation, le yoga, voire le suivi d’une psychothérapie sont souvent nécessaires pour lutter contre les troubles du comportement alimentaire qui peuvent compromettre la poursuite du régime. Le chemin est parfois long, mais il est important de le poursuivre jusqu’à stabilisation du poids.

Ostéoporose

​L’ostéoporose se traduit par une perte de la masse osseuse qui commence à partir de trente ans et s’accélère au moment de la ménopause. Une bonne alimentation pendant l’adolescence, période durant laquelle se constitue le capital osseux, est la meilleure des préventions. L’ostéoporose peut être responsable de tassement vertébral (diminution de la taille), voire de fractures au niveau de la colonne vertébrale et du col du fémur. Ces complications peuvent entraîner des douleurs ostéo-articulaires chroniques et une perte de mobilité plus ou moins importante.

Les règles hygiéno-diététiques associent :

– L’augmentation des apports en produits laitiers riches en calcium, tout en limitant la consommation de fromages gras.
– La consommation d’aliments riches en vitamine D nécessaire à l’absorption et à la fixation du calcium.
– Un apport régulier de protéines nécessaires à l’édification de la trame osseuse.
– L’augmentation de la consommation de fruits et légumes et la réduction de celle de produits gras d’origine animale comme les viandes grasses et les fromages, qui sont acidifiants.
– La limitation de la consommation d’alcool, de tabac, de café, de thé.
– Une exposition raisonnable au soleil pour permettre la transformation de la vitamine D inactive en vitamine D active.
– La pratique d’une activité physique (marche, vélo, gymnastique) qui stimule le métabolisme osseux.