Végétarien ou végétalien

​L’homme est omnivore mais il entretient avec son alimentation des rapports qui relèvent rarement de la raison pure. Les aliments ne sont pas seulement un ensemble d’éléments nutritifs ; ils portent en eux des symboles, transmis de génération en génération, et sont également chargés de valeurs affectives. ​Les habitudes alimentaires sont en grande partie propres à une culture ; le choix des aliments, la manière de les préparer et de les consommer, leur répartition par repas sont souvent déterminés par les coutumes de la société à laquelle on appartient.

LE VÉGÉTARISME

 

Qu'est-ce qu'être végétarien ?
Le principe essentiel du végétarisme est l’exclusion de l’alimentation de la chair animale.
À l’intérieur du végétarisme, on distingue plusieurs courants:
– l’ovo-lacto-végétarisme, qui exclut les viandes, mais autorise tous les produits laitiers, les œufs et éventuellement le poisson ; c’est le courant qui rassemble le plus d’adeptes ;
– le lacto-végétarisme, qui bannit viandes, poissons, crustacés et œufs mais tolère les laitages ;
– l’ovo-végétarisme, qui rejette viandes, poissons et produits laitiers mais accepte les œufs ;
– le pesco-végétarisme, qui tolère uniquement les poissons ;
– le pollo-végétarisme, qui exclut tout aliment d’origine animale sauf la volaille.

Pourquoi être végétarien ?
Certaines raisons sont éthiques ou écologiques : refus de tuer des animaux et de consommer leurs cadavres ; refus des techniques modernes de l’élevage de la plupart d’entre eux ; révolte contre l’inégalité de la répartition des richesses alimentaires dans le monde. 
D’autres raisons sont spirituelles et répondent à un souci de se nourrir plus sainement. 
Certaines personnes mettent également en avant des raisons médicales : les toxines issues de la dégradation des aliments d’origine animale sont nocives pour l’organisme ; leur consommation est un facteur de risque vis-à-vis des maladies cardio-vasculaires.

Quels sont les bénéfices de ce régime alimentaire ?
Les déséquilibres les plus fréquemment constatés dans une alimentation classique sont dus à une consommation trop importante de lipides d’origine animale et plus particulièrement de viande et de ses produits dérivés comme la charcuterie.
Les effets bénéfiques du régime végétarien sont aussi liés à l’importance de la consommation de végétaux, riches en fibres, en vitamines A et C, en sélénium, etc.

... et quels sont les risques ?
Les adeptes des courants du végétarisme excluant les produits laitiers s’exposent surtout au risque de carence en calcium. Pour ce minéral également, l’absorption est augmentée lorsqu’il est rare dans l’alimentation. Il n’empêche que les quantités contenues dans les fruits, les légumes et les céréales sont insuffisantes pour satisfaire les besoins, surtout chez les femmes enceintes, celles qui allaitent et les enfants en période de croissance. Or, on sait aujourd’hui combien l’importance du stock de calcium constitué pendant l’adolescence et jusqu’à trente ans environ limite le risque d’ostéoporose, si fréquente lors du troisième âge.
Le manque d’iode peut aussi se faire sentir, du fait de l’absence de poissons dans l’alimentation. Mais l’emploi de sel marin ou iodé peut le compenser.

 

LE VÉGÉTALISME

 

Qu'est-ce qu'être végétalien ?
Ce type de régime alimentaire exclut absolument tous les aliments d’origine animale (viandes et poissons, œufs, lait et produits laitiers, miel). Il ne tolère que ceux d’origine végétale : céréales, légumineuses, légumes frais et secs, fruits frais et secs, fruits oléagineux et huiles végétales.  

Comment compenser les carences ?
L’apport d’acides aminés essentiels nécessaires pour la construction des protéines corporelles devient alors insuffisant. En effet, si tous ces acides aminés se trouvent largement distribués dans les aliments d’origine animale, il n’en est pas de même dans ceux d’origine végétale. Légumes et fruits n’en contiennent presque pas. Dans les céréales et les légumineuses, ils sont inégalement répartis. Certaines sont totalement dépourvues d’un ou de plusieurs de ces acides aminés tandis qu’ils se trouvent dans une autre. Il s’agit alors de mêler astucieusement, par le biais des complémentarités, les céréales déficientes en un acide aminé avec des légumineuses qui le contiennent. 

Cette alimentation, même avec une organisation rigoureuse, fait courir un risque de carence en protéines.Celles en fer, en calcium, en vitamine B12 (présente dans les produits d’origine animale), en iode et en zinc sont fréquentes. Ce régime peut présenter de véritables dangers chez les enfants et les femmes enceintes. Il nécessite dans tous les cas l’utilisation de compléments en protéines, en vitamines et en minéraux.

 

QUELQUES PRÉCAUTIONS...

 

 Le végétarisme et toutes ses variantes sont devenus des modes d’alimentation à part entière qui obéissent à des lois bien précises. Aucune de ces pratiques alimentaires ne doit être adoptée du jour au lendemain ; il est préférable de consulter au préalable son médecin généraliste (ou un nutritionniste) et de lui demander conseil sur les compléments nutritionnels à prendre pour éviter certaines carences alimentaires. 
Il est aussi indispensable de bien se documenter pour apprendre à diversifier son alimentation et à tirer le meilleur parti de chacun de ses composants.